festival de caves : Black house

Festival de caves

Festival de caves 2014    Black House

Librement inspiré des figures de Rosa Luxembourg, des Pussy Riots, de la RAF et de textes d’Alfred Döblin, Christophe Fourvel, Ulrike Syha
Mise en scène d’Anne Monfort
Avec Marijke Renner
Coproduction Compagnie Day for night

Black House, à la fois l’inverse de la White House, un QG des minorités pensé dans les années 70 aux Etats-Unis. Une forme de chambre noire aussi…
Une envie de traiter la question de l’engagement aujourd’hui, de ces moments qui basculent. A mon sens, les moments où un individu décide d’être actif dans la bascule du monde à fort à voir avec le déficit de réalité de ce monde, l’endroit non pas où l’individu sombre dans la folie mais où le monde sort de ses gonds. Là où les biographies basculent, où le politique s’ancre dans l’intime : formellement et théâtralement, je me suis toujours interrogée sur le déclencheur, le moment précis. Qu’est-ce qui a amené Rosa Luxemburg à proclamer la révolution de 1918 en Allemagne alors que fondamentalement, elle pensait que le peuple n’était pas prêt ? Qu’est-ce qui a poussé Inge Viet à braquer des banques dans l’Allemagne de l’Est sous une fausse identité ? Qu’est ce qui a amené Nadejda Tolokonnikova à, depuis sa prison, écrire dans les journaux sur ses conditions de détention, tout en ayant conscience des représailles pour elle et ses co-détenues ?
Comment la prison, lieu par excellence de l’enfermement, peut devenir selon la « vertu carcérale » nommée par Bernard Stiegler, un espace de liberté, de prise de conscience, de construction d’une pensée de la résistance ?
Comment des éléments quasi anecdotiques peuvent déclencher une révolution ?
A travers différentes figures de l’engagement, du moment où l’intime bascule dans le politique, ce spectacle aborde la question de l’engagement et de sa difficulté aujourd’hui, la pluralité des niveaux de la réalité.
L’actrice (Marik Renner) circule entre la prise de parole directe, ici et maintenant, avec le public qu’elle accueille et le film mental, les figures symboliques, l’entrée dans la fiction, dans l’image. L’actrice passera d’une biographie à l’autre telle Inge Viett changeant de vie en Allemagne de l’Est, et s’appropriant cette nouvelle vie … On travaillera toujours à la lisière entre l’actrice et le personnage.
On entrera parfois dans l’image – l’actrice devient la figure mythique de Rosa Luxemburg – pour ensuite jouer le personnage, entrer dans son intimité pour identifier ce qui déclenche un acte. Un dispositif vidéo très simple soutiendra le passage d’un degré de réalité à l’autre. Le son laissera parfois entendre l’extérieur. L’actrice rejouera des scènes de films, connus ou moins connus, doublera des vidéos d’actualité, et nous transportera d’un texte à l’autre, d’une époque à une autre, en constituant peu à peu, avec les spectateurs de la cave, ce que pourrait être une communauté.
Anne Monfort

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